{"id":180,"date":"2018-09-04T19:02:50","date_gmt":"2018-09-04T17:02:50","guid":{"rendered":"http:\/\/lautremagda.hoibian.com\/?p=180"},"modified":"2018-09-04T19:03:26","modified_gmt":"2018-09-04T17:03:26","slug":"rentree-litteraire-2018-chronique-n3-une-deception","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lautremagda.hoibian.com\/index.php\/2018\/09\/04\/rentree-litteraire-2018-chronique-n3-une-deception\/","title":{"rendered":"Rentr\u00e9e Litt\u00e9raire 2018: Chronique N\u00b03, une d\u00e9ception."},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-cover-image has-background-dim alignwide\" style=\"background-image:url(https:\/\/lautremagda.hoibian.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/brouillard.jpg)\"><p class=\"wp-block-cover-image-text\">\u00ab\u00a0Pense aux pierres sous tes pas\u00a0\u00bb<br\/>Un roman inabouti ?<\/p><\/div>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Titre :<a href=\"https:\/\/editions-verdier.fr\/livre\/pense-aux-pierres-2\/\" target=\"_blank\"> \u00ab\u00a0Pense aux pierres sous tes pas\u00a0\u00bb<\/a><\/li><li>Auteur : <a href=\"https:\/\/editions-verdier.fr\/auteur\/antoine-wauters\/\" target=\"_blank\">Antoine Wauters<\/a><\/li><li>Nombre de pages : 192 pages<\/li><li>Editeur : <a href=\"https:\/\/editions-verdier.fr\/\" target=\"_blank\">Verdier<\/a><\/li><li>Date de parution: 23 Ao\u00fbt 2018<\/li><\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Chronique compl\u00e8te:<\/p>\n\n\n\n<p>Cette lecture a \u00e9t\u00e9 faite avec 3 autres, gr\u00e2ce au site\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lecteurs.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Lecteurs.com<\/a>\u00a0dans le cadre des\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lecteurs.com\/article\/50-livres-a-decouvrir-des-maintenant-la-rentree-litteraire-selon-lecteurscom\/2443390\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">#Explolecteurs\u00a0<\/a>pour la rentr\u00e9e litt\u00e9raire 2018. J\u2019ai re\u00e7u 4 romans \u00e0 lire (Chic! ) et \u00e0 chroniquer.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Pense aux pierres sous tes pas \u00bb se d\u00e9roule dans un pays imagin\u00e9 par son auteur. G\u00e9ographiquement c&rsquo;est une \u00eele, qui m&rsquo;a fait penser \u00e0 des \u00eeles m\u00e9diterran\u00e9ennes, mais les inspirations de l&rsquo;auteur sont joliment vari\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La narratrice principale de l&rsquo;histoire, L\u00e9o est une enfant qui a un fr\u00e8re jumeau, Marcio. Marcio va de temps \u00e0 autre prendre le relais de la narration. Ces deux jumeaux s&rsquo;aiment. Profond\u00e9ment. Physiquement. Ils grandissent dans un milieu rural, dans une ferme isol\u00e9e, avec un p\u00e8re tr\u00e8s violent et une m\u00e8re soumise. Le pays est sans cesse sous des dictatures que nul ne semble oser combattre. Tout comme les enfants n&rsquo;osent se rebeller contre la violence parentale.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cit prend son envol lorsque L\u00e9o est chass\u00e9e de la maison et est plac\u00e9e chez un oncle afin d&rsquo;\u00eatre s\u00e9par\u00e9 de son jumeau, puisque le p\u00e8re les a surpris faisant l&rsquo;amour. (Ils ont alors environ 12 ans.)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de l\u00e0, nous allons suivre la vie des jumeaux qui sont s\u00e9par\u00e9s, jusqu&rsquo;\u00e0 la derni\u00e8re partie, moment qui est selon moi la meilleure surprise de ce livre.<\/p>\n\n\n\n<p>Je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 totalement conquise par les 100 premi\u00e8res pages de ce roman, pour les raisons suivantes : j&rsquo;ai du mal lorsqu&rsquo;on fait s&rsquo;exprimer des enfants de fa\u00e7on adulte, ici pour servir le roman, et si je comprenais bien pourquoi les deux jumeaux se r\u00e9fugient dans l&rsquo;autre jusqu&rsquo;\u00e0 s&rsquo;aimer physiquement, les descriptions de ces moments-l\u00e0 ne me paraissent pas sonner juste dans la bouche de L\u00e9o, 12 ans environ.<\/p>\n\n\n\n<p>En continuant ma lecture, j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 que ce qui me secouait r\u00e9ellement c&rsquo;\u00e9tait le  climat d&rsquo;extr\u00eame violence familiale, la r\u00e9action des enfants n&rsquo;y \u00e9tant que proportionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne suis pas une personne qui recherche la violence, que ce soit dans la vie ou dans la lecture. J&rsquo;ai donc eu un d\u00e9but de lecture assez mitig\u00e9, de par le choix du sujet et son traitement. Parce que les narrateurs principaux sont des enfants qui sont rompus \u00e0 la violence, depuis toujours ils ne survivent pour l&rsquo;une, que par la jouissance sexuelle, et pour l&rsquo;autre par l&rsquo;amour pour sa s\u0153ur. Et c&rsquo;est assez insupportable \u00e0 lire cette violence et les ravages qu&rsquo;elle fait. J&rsquo;en suis venue \u00e0 ne pas pr\u00eater attention aux descriptions des violences politiques qui \u00e9maillent la narration de la premi\u00e8re partie du roman.<\/p>\n\n\n\n<p>Car il y a, pour moi deux parties. La premi\u00e8re partie \u00e9voque la vie des jumeaux et ceux avec qui ils doivent vivre, et la seconde partie passe \u00e0 une toute autre dimension.<\/p>\n\n\n\n<p>Et c&rsquo;est l\u00e0 que le roman m&rsquo;a finalement, pour cette partie, emport\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans rien d\u00e9voiler de l&rsquo;histoire, disons qu&rsquo;\u00e0 ce moment, les histoires individuelles et politiques se rejoignent, que c&rsquo;est plut\u00f4t r\u00e9ussi et empli d&rsquo;espoir et d&rsquo;utopie. Cela dure environ sur les 50 derni\u00e8res pages du roman, et c&rsquo;est trop peu bien s\u00fbr sur l&rsquo;ensemble du roman, mais j&rsquo;ai appr\u00e9ci\u00e9 cette fin et ce basculement m\u00eame si c&rsquo;est invraisemblable.<\/p>\n\n\n\n<p>Quoique, je m&rsquo;interroge : \u00e9tait-il vraiment n\u00e9cessaire d&rsquo;autant d\u00e9tailler et s&rsquo;appesantir sur les violences physiques, sexuelles inflig\u00e9es et auto inflig\u00e9e \u00e0 cette jeune enfant, L\u00e9o ?<\/p>\n\n\n\n<p>En tant que lectrice, femme, m\u00e8re, je n&rsquo;ai pas appr\u00e9ci\u00e9. Je ne suis pas une adepte de la culture de la souffrance qui toujours finit par demander aux victimes de pardonner aux maltraitants.<\/p>\n\n\n\n<p>Antoine Wauters a un style. Il fait varier le langage familier avec des paragraphes inspir\u00e9s, presque lyriques. Et j&rsquo;ai appr\u00e9ci\u00e9 ces passages-l\u00e0. J&rsquo;ai facilement imagin\u00e9 les lieux, ce pays imaginaire. L&rsquo;oeuvre est en partie touchante parce qu&rsquo;elle \u00e9voque l&rsquo;utopie et la construction d&rsquo;alternatives dans des situations politiques et \u00e9conomiques qui paraissent sans issue, et c&rsquo;est l\u00e0 que le roman m&rsquo;a (enfin) \u00e9mue et parl\u00e9. Il me semble donc que la lecture \u00e9tant intimement li\u00e9e \u00e0 la sensibilit\u00e9 personnelle, il faut lire \u00ab Pense aux pierres sous tes pas \u00bb pour vous faire votre id\u00e9e, avoir vos ressentis. Si les personnages ne m&rsquo;ont pas touch\u00e9e, par exc\u00e8s de descriptifs crus et d&rsquo;un d\u00e9calage entre les propos \u00e9crits et attribu\u00e9s \u00e0 ses personnages, apr\u00e8s tout, cela en dit plus sur moi et non pas sur le roman. Et si je n&rsquo;ai pas eu un coup de c\u0153ur, le moins que je puisse dire c&rsquo;est que cette lecture ne m&rsquo;a pas laiss\u00e9 indiff\u00e9rente.J&rsquo;ai d\u00e9test\u00e9 lire des propos d&rsquo;adultes dans une bouche d&rsquo;enfant et tous ces descriptifs de relations et de moments de violences pures. Ce qui est d\u00e9j\u00e0 une belle r\u00e9ussite, c&rsquo;est que \u00e7a me laisse un vrai souvenir de lecture.Mais ce n&rsquo;est pas suffisant pour en faire un bon roman.<\/p>\n\n\n\n<p>La quatri\u00e8me de couverture pr\u00e9sente le roman comme un \u00ab v\u00e9ritable hymne \u00e0 la d\u00e9sob\u00e9issance \u00bb. Le qualificatif est excessif, cela n&rsquo;a rien d&rsquo;un hymne, j&rsquo;ai lu bien des \u00e9crits plus inspirants sur la d\u00e9sob\u00e9issance.Mais la derni\u00e8re partie du roman qui conte cette construction de d\u00e9sob\u00e9issance alternative et collective est bien celle qui m&rsquo;a le plus conquise.Cela en contrepoint au reste du roman.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"3000\" height=\"4000\" src=\"https:\/\/lautremagda.hoibian.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/P1040739.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-182\" srcset=\"https:\/\/lautremagda.hoibian.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/P1040739.jpg 3000w, https:\/\/lautremagda.hoibian.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/P1040739-225x300.jpg 225w, https:\/\/lautremagda.hoibian.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/P1040739-768x1024.jpg 768w, https:\/\/lautremagda.hoibian.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/P1040739-750x1000.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 3000px) 100vw, 3000px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-pullquote\"><p>La lecture est une aventure&#8230; Int\u00e9rieure comme ext\u00e9rieure<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-button aligncenter\"><a class=\"wp-block-button__link\" href=\"https:\/\/www.lecteurs.com\/ma-bibliotheque\/tous\">ma biblioth\u00e8que<\/a><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p style=\"text-align:center\">L&rsquo;autre Magda (La lecture est une de mes portes ouvertes sur le monde.)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Titre : \u00ab\u00a0Pense aux pierres sous tes pas\u00a0\u00bb Auteur : Antoine Wauters Nombre de pages : 192 pages Editeur : Verdier Date de parution: 23 Ao\u00fbt 2018 Chronique compl\u00e8te: Cette lecture a \u00e9t\u00e9 faite avec 3 autres, gr\u00e2ce au site\u00a0Lecteurs.com\u00a0dans le cadre des\u00a0#Explolecteurs\u00a0pour la rentr\u00e9e litt\u00e9raire 2018. 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