Les fantômes du vieux pays.

À propos du roman de Nathan Hill : USA , secrets de famille et fresque romanesque.

  • Titre:Les fantômes du vieux pays
  • Auteur: Nathan Hill
  • Editeur: Folio 
  • Date de parution: 23/08/2017
  • Nombre de pages: 960 pages

Lorsque j’ai débuté ma lecture du roman de Nathan Hill « Les fantômes du vieux pays » je ne savais rien ni de cet auteur ni du roman en question.

Je peux vous dire que maintenant, cet auteur est dans mes grands favoris des auteurs américains, dont je dois reconnaître que je suis très friande, quand même, depuis Paul Auster à John Irving en passant par Raymond Carver, Saroyan, Salinger et Jim Harrison… Liste non exhaustive et dont vous aurez remarqué qu’elle est exclusivement masculine : Oui, parce que j’estime que les autrices américaines méritent bien une liste à elles seules.

Le titre original  du roman de Nathan Hill est « The nix » et aurait pu le rester en français « Le nix » , sans en dire plus, cela a son importance dans le roman, et un titre un peu mystérieux n’a jamais fait de mal aux lectrices et lecteurs.

Un titre chez Folio

Samuel est un trentenaire célibataire, hésitant pas très bien dans sa peau, qui est prof universitaire. Par ailleurs il joue compulsivement en ligne à un jeu vidéo nommé  »Elfscape ».

Il apprend un jour que sa mère, dont il n’a plus de nouvelles depuis ses 11 ans, a jeté des graviers sur un candidat à la présidentielle.Il est contacté par l’avocat de cette dernière.

Samuel essaie de devenir écrivain, et de devenir lui-même ce qui lui est très difficile.Le roman va explorer à travers les récits de vie de Samuel dans ses différents univers (le professorat, le jeu vidéo, l’écriture et l’enfance ) l’histoire des U.S.A. depuis les années 40 et l’histoire singulière de sa vie et de celle de sa mère Faye et de son père originaire de Norvège.

Les U.S.A dans le roman

L’histoire avec un grand H est très présente dans ce roman, tout comme dans le dernier Paul Auster d’ailleurs que j’ai lu également cet été 2018.

J’aime particulièrement cet art de mêler les histoires d’individus avec les réflexions documentées (chapeau les écrivains !) sur l’histoire plus large en les fondant l’une dans l’autre.Ici c’est vraiment très réussi, Samuel qui se retrouve face à un mystère double (l’acte de sa mère et sa mère elle-même) enquête sur ce qui s’est passé quand elle a jeté des graviers à la face de ce politique mais du coup remonte complètement dans son histoire et découvre à la fois une personne, une mère, et un secret de famille qu’il va lever.Tout cela est étroitement mêlé à l’Histoire du pays , c’est une vaste fresque palpitante, vivante, et emplie de la tendresse que je suppose a ressenti Nathan Hill pour ses personnages principaux.

Et ils sont nombreux sans l’être trop, on ne s’y perd pas, mais on a de quoi explorer divers milieux sociaux et diverses époques.

Les allers-retours entre la jeunesse de Faye, l’enfance de Samuel et son père et sa vie d’adulte avec ses différentes casquettes et les principaux personnages qu’il côtoie sont bien menés, et sont absolument justes, des portraits fins et bien brossés, de vrais ingrédients de qualité pour une grande fresque romanesque et sociale.

On passe du coup, suivant les personnages et les situations, du cynisme le plus pur (l’éditeur de Samuel), à l’idéalisme naïf , en passant par l’abattement total ou la manipulation .Et on évolue des milieux des addicts de jeu vidéo, de classes moyennes, au campus universitaire, en passant par les milieux de l’édition, la jeunesse des années 60 de deux sortes : celle des états loin des villes et celles des étudiants de grandes cités, et j’adore cette diversité tout à fait reliée. L’écriture (ici traduite) de Nathan Hill est fluide et s’il a mis dix ans à travailler à ce roman et bien cela a valu le coup ! Chapeau bas, lisez-le, vous allez découvrir des personnages complexes, passionnants et une vraie intrigue que je ne vous dévoilerai certainement pas, qui vous mènera depuis les années 50 à nos jours, en passant par la Norvège…

La maison rouge de Norvège…

Les secrets de famille :

L’histoire de Samuel et Faye est une éblouissante démonstration du fait que les secrets de famille sont un poison terrible, et que dire les choses, est une véritable libération. La lente progression de chacun de ces deux personnages vers une parole qui libère est un vrai soulagement et est subtilement amenée, lentement mais de façon très vivante et crédible, et j’ai adoré la partie norvégienne du roman , assez courte, somme toute, mais plutôt déterminante pour la relation de Faye et Samuel. Et oui il y a un lien avec une maison en bois peinte en rouge au bord de la mer en Norvège, d’où l’image…


J’aime, quand je lis, me laisser emporter par le récit, l’intrigue, apprécier l’écriture, et espérer que le livre ne finira jamais, et j’aime par dessus tout, quand je me demande ce que j’ai récemment lu me souvenir précisément de ce que j’ai lu, des personnages, des gens de cette lecture, de « quoi ça parle »… Dans le fond, si on lit beaucoup, il n’y a pas tant de livres que ça qui me marquent tant, que je peux en parler facilement sans avoir à relire quelques pages ou bien la quatrième de couverture.

Mais celui-ci, oui je m’en souviens fort bien.Parce qu’il est tout simplement excellent, parce qu c’est un grand roman, empli d’un souffle puissant,plein de sens, et d’amour de la vie de ses contradictions et d’espoir.

La lecture n’est pas une activité innocente. On n’en ressort pas toujours indemne.

L

L’autre Magda (Lire, une de mes portes ouvertes sur le monde.) 

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